Lettre ouverte à Monsieur le Secrétaire Général de l’UGTT
Tunis le 11 février 2009
Samia Mouelhi *
Slimane Ben Miled *
Samedi 31 janvier 2009 à 9h30, j’ai assisté a un rassemblement au siège de l’UGTT, place Mohamed Ali, pour manifester contre la convention relative à des augmentations spécifiques accordées à l’enseignement supérieur. J’assiste rarement à ce type de rassemblement, je ne suis pas une militante active et je n’appartiens à aucun courant politique. Non pas que la vie de la cité ne m’intéresse pas mais j’ai toujours été partisane du libre arbitre et quand il m’arrive de m’engager pour une cause c’est parce que je la ressens comme étant profondément mienne.
Monsieur le Secrétaire Général de l’UGTT je vous fais cette lettre, que vous lirez peut être si vous avez le temps, pour que vous sachiez clairement ce qu’a pu ressentir une travailleuse lambda au cours de cette réunion. J’ai vu des enseignants universitaires unis dans leur courroux, j’ai vu Monsieur Sami Aouadi, Secrétaire Général de la FGESRS, essayer tant bien que mal de ménager la chèvre et le chou. Mais j’ai surtout dû écouter, pendant trop longtemps le grotesque monologue de Monsieur Moncef Zahi, représentant du Bureau Exécutif, fermé au dialogue et sourd aux protestations de l’auditoire qui lui faisait face. A l’indignation de tous, il a, sur un ton suffisant, annoncé qu’il avait signé cet accord tout en sachant qu’il ne satisfaisait personne (entendez par là les enseignants universitaires et les médecins). Chercher l’erreur !!!
Submergé par son propre besoin de reconnaissance et son orgueil démesuré, cet homme n’a pas su ou pas voulu reconnaitre la blessure des enseignants universitaires. Alors que la situation exigeait un tant soit peu de retenue, ce représentant du BE de l’UGTT a, au contraire, comme on dit chez nous, ajouté de l’huile sur le feu. Dans une autre situation, j’aurais presque pu compatir à son mal être mais pas là. Trop c’est trop !!! Ma décision de vous écrire était antérieure à cette réunion mais cette dernière ingérence du BE de l’UGTT dans l’essence même de ce qui me définit fait déborder la coupe déjà remplie. Il y a toujours un moment ou l’on doit répondre de ses actes et de ses paroles et hélas ce jour-là le bureau exécutif a perdu une occasion d’apaiser les tensions. Pire même, il est arrivé à déclencher l’expression d’une personne appartenant à la majorité silencieuse. Aujourd’hui je vous dis : cela suffit, raz le bol, vous dépassez les bornes de ce que je suis capable de tolérer.
Je vous accuse Monsieur le Secrétaire Général d’avoir persisté dans vos décisions malgré la protestation.
Je vous accuse Monsieur le Secrétaire Général de m’avoir insulté personnellement en essayant de m’infantiliser.
Je vous accuse Monsieur le Secrétaire General de m’avoir sacrifié